Interviews de
Guns N' Roses

Robert Gray a téléphoné à Ron « Bumblefoot » qui lui a répondu de son home studio afin de discuter de ses moments dans Guns N' Roses.

Ultimate Guitar : Allo ? Puis-je parler à Ron s’il vous plait ? Ron Thal : C’est Ron à l’appareil. Comment allez-vous ?

 

Je vais bien. Je m’appelle Robert. Comment ça va ? Nous arrivons enfin à nous parler. (rires). Je suis vraiment content de la tournée asiatique et les gens que nous avons croisés ont tous été fantastiques. (Rires) Oui ça se passe bien. Et toi de ton côté ?
Tout va très bien, vraiment. Je suis au studio, en train de finir un petit solo de guitare que j’ai composé pour le prochain album solo de Mattias Eklundh. Le solo est vraiment court, 20 petites secondes pour l’une de ses chansons.

 

Tu es toujours très occupé Ron.

Oh oui. Toujours.

 

Est-ce qu’on peut commencer l’interview maintenant ?

Oui, bien sûr.

 

Comment s’est passé la tournée de Guns N? Roses en Asie en décembre ?

La tournée asiatique était vraiment phénoménale. Ça faisait un an que Chinese Democracy était sorti. Donc je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre. Je ne savais pas quel accueil on nous réserverait et en ce qui me concerne c’est la tournée la plus positive à laquelle j’ai participé. C’était encore mieux. Tout était en place. Le son était meilleur et la manière dont nous interagissions sur scène et avec le public, tout était parfait. Nous avons passé de bons moments là-bas et, DJ, c’était la première fois qu’il faisait des concerts avec nous, même si ça faisait déjà un an qu’on répétait, travaillait et qu’on traînait ensemble. Je dois dire, il a vraiment été à la hauteur et pour moi il nous a volé la vedette. Il a tellement assuré et j’étais vraiment fier d’être sur scène avec lui. Je suis vraiment content de la tournée asiatique et les gens que nous avons croisé étaient fantastiques ; chaleureux, accueillants et sans mauvais esprits. C’était super.


Comment l’alchimie entre les guitaristes a prise pendant la tournée maintenant que DJ Ashba fait partie de la troupe ?
L’alchimie n’a jamais été meilleure selon moi. Je ne parle qu’en mon nom. Je devrais remonter à mes débuts avec GNR ? J’ai juste rejoint le groupe sans jamais avoir la possibilité de régler mon matériel pour sonner juste. Je n’avais pas vraiment eu la possibilité d’apprendre les chansons et de glisser mes parties là où elles devaient être. C’était dû aux circonstances de l’époque, beaucoup de choses jouaient contre moi à mon arrivée dans le groupe et il m’était difficile de donner tout ce que j’aurais dû donner. Ça a été un coup dur. J’attendais vraiment le moment où les guitaristes prendraient un moment pour travailler et trouver les bonnes solutions. Maintenant j’ai finalement ma double neck et j’ai le bon matériel pour jouer les chansons. Un autre détail, quand j’ai rejoint le groupe, ils ne m’avaient pas filé les morceaux par peur des fuites. Je n’avais aucune de leurs nouvelles chansons. Le groupe me disait « Dis leur que tu dois les avoir,  tu dois les avoir pour les apprendre », mais les gars du management ne me les ont jamais données, ils me disaient tout simplement : « Non ».

La seule façon pour moi d’apprendre les morceaux c’était au court des répétitions avant la tournée. Une semaine avant la tournée. J’allais dans une pièce et j’écoutais les chansons sur l’ordinateur portable du manager avec des écouteurs, j’écrivais les notes, j’écoutais et j’essayais de me souvenir de toutes les partitions et de faire, comme ils disaient, de mon mieux. Je les rejoignais ensuite dans l’autre pièce où ils m’attendaient et nous commencions à jouer. Voilà comment j’ai appris Chinese Democracy (rires) ; aux écouteurs, sur un portable en une demi-heure. Ils ne voulaient pas m’en confier une copie et j’ai respecté leur souhait. Oui, j’aurais pu obtenir une copie quelque part, par quelqu’un, mais je me suis dit « C’est comme ça qu’ils veulent que ce soit fait, je vais respecter leur volonté et quand ils voudront que ça change, ça changera ».

Au début, je ne savais pas encore ce que je faisais, et on ne m’aidait pas beaucoup (rires). Même lors des concerts, je voulais faire les chœurs mais ils m’ont juste dit qu’ils n’avaient pas assez de place sur la table de mixage pour moi. Je voyais bien que les circonstances minimisaient et dévaluaient ce que je pouvais apporter au groupe et rendaient les choses plus difficiles pour moi et ça n’aidait personne, ça ne m’aidait pas et ça n’aidait pas le public. Finalement au cours de la tournée je commençais à jouer mes propres parties de guitare sur Chinese Democracy, j’avais une meilleure idée de ce que je devais jouer. Cependant, j’avais encore besoin d’une guitare sans frettes et d’une guitare avec frettes et je devais en changer tout le temps pour jouer ces chansons. Cette année, j’ai enfin le matériel dont j’ai besoin. J’ai mes parties guitares et je sens quelles parties je dois jouer, et nous avons pu nous coordonner, Rich, DJ et moi. Nous y sommes parvenus et tout ça sonne mieux que cela n’a jamais sonné. Finalement. C’est quelque chose que j’aurais voulu voir arriver il y a des années mais bon voilà ! (rires).

Tu as dit que tu sentais que tes contributions étaient dévaluées au début de ta titularisation dans Guns N? Roses. Pour que les lecteurs n’en tirent pas de fausses conclusions, pourrais-tu clarifier tes propos et nous dire qui dévaluait tes contributions ? Très juste. Ce n’était pas Axl, ni personne en particulier, C’est la situation. Le sentiment, au début, c’est que j’ai rejoint le groupe à la dernière minute et il n’y avait pas de place pour moi. Nous n’avions pas eu le temps de nous coordonner donc c’est presque comme si je devais jouer une main attachée dans le dos. Je n’avais pas les outils nécessaires pour réaliser ce que j’aurais pu faire.

Comment as-tu rejoint le groupe ? Comment Axl et les autres membres de Guns N’Roses ont entendu parler de ton jeu de guitare à l’époque ?
Et bien, ça date déjà un peu. C’était à l'été 2004. J’ai reçu un e-mail de Joe Satriani et il me disait qu’il m’avait recommandé à Guns N’Roses. Ils cherchaient quelqu’un pour remplacer Buckethead et il m’en a informé au cas où quelqu’un me contacterait que je ne pense pas que c‘était une blague. A ce moment là, je ne connaissais pas grand chose sur GNR et sur qu’ils faisaient ou à où en était l’album, les tournées, je l’ai donc pris un peu par dessus la jambe. Je me disais : « D’accord, si jamais ils m’appellent je pense qu’on jouera dans des bars .. s’il se passe quelque chose (rires) ». Ils m’ont contacté un an et demi avant qu’on ne fasse quoique ce soit ensemble, pour m’appeler ensuite à la dernière minute. Je ne pensais plus que ça arriverait et pour vous dire la vérité j’étais très content de ce que je faisais à l’époque,  je sortais mes propres albums, je tournais. Je produisais pas mal de gens, j’enseignais et j’aimais vraiment ça.  Ma vie était complètement, non pas sous contrôle, mais je faisais tout ce dont j’avais envie et j’étais vraiment heureux. Je savais que si je rejoignais GNR je devrais abandonner pas mal de choses donc je n’étais pas vraiment pressé de les rejoindre.

Environ un an et demi plus tard, ils avaient une tournée prévue, ils m’ont rappelé et nous avons recommencé à parler. Ils m’ont dit : « Hey, vous connaissez quelques chansons ? ». J’ai répondu : « Oui. Dites-moi ce qu’il faut que j’apprenne », et ils m’ont donné trois titres. Je les ai rejoint avec ma guitare, je l’ai branché au premier ampli, un marshall je crois, et j’ai jammé avec eux et je me suis bien éclaté. Voilà. Ils m’ont dit : « Hey ça te dis de revenir demain avec trois nouvelles chansons ? ». J’ai répondu : « Bien sûr ! ».Et chaque soir je revenais en connaissant trois nouvelles chansons des anciens albums. Et tant que j’étais avec eux, j’essayais d’apprendre un peu des nouveaux morceaux.

A l’époque, j’avais moi aussi une tournée de prévue. C’était en avril 2006 et j’avais ma tournée prévue pour mai-juin avec mon groupe. Elle s’étendait de l’Islande à la Russie, la tournée de promotion du CD Normal. J’en parlais au management en leur disant : « J’ai besoin de savoir, si ça va avoir lieu. Je ne vais pas annuler ma tournée tant que ce n’est pas quelque chose de sûr. ». Pour finir, à la dernière minute ils m’ont annoncé que c’était « sûr ! ». Avant même de les rejoindre je leur avais dit la chose suivante « Si vous voulez que je vienne c’est parce que je fais presque partie du groupe, vous m’engagez, vous avez besoin de moi, parce que je fais partie du groupe et parce que nous le faisons ensemble. Si ce n’est pas le cas, je vais continuer à faire ce que je fais. ».

Puis très rapidement nous nous sommes retrouvés sur la route, je n’avais aucune idée que les concerts allaient être si importants. Je ne pensais pas que les fans étaient aussi dévoués. Nous faisions des concerts, nous étions en tête d’affiche de festivals devant des centaines de milliers de personnes et où que nous étions c’était la même chose. Une chose que les gens me demandaient souvent : « Qu’est-ce que ça fait de jouer devant une marée humaine ? » et finalement ce n’est pas bien différent que de jouer dans un bar, parce que tu continues à faire ce que tu as toujours fait et que tes pieds touchent toujours le sol et que tu as toujours ta guitare dans les mains. Tout autour, ça peut être rouge, bleu, ou vert, il peut y avoir des milliers de personnes ou une centaine. Tu ne fais que ce que tu fais et ça ne fait aucune différence.

(à suivre...)

 

Quels souvenirs gardes-tu de ta première audition pour Guns N’Roses ?

(Rires). Mes souvenirs de ma première audition ? j’essaie de ne plus m’en souvenir. J’essaie de les chasser de mon esprit (rires). Quels souvenirs il me reste ? ummm je m’y suis rendu, j’ai garé la voiture et je suis entré. Tout le monde était déjà présent. Je pense que le groupe était déjà bien fatigué des auditions qui avaient eu lieu avant la mienne ; je crois que ça faisait des mois qu’il était en train d’auditionner des guitaristes et eux étaient prêts à monter sur scène. C’était différent. Je n’avais jamais joué dans le groupe de quelqu’un d’autre avant ça, j’avais toujours fait mes propres trucs. C’est sûr, j’avais déjà jammé avec des tonnes de gens. J’ai joué avec des gens bien différents mais devenir officiellement le membre d’un groupe d’un autre, je n’avais encore jamais fait. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Je ne savais pas si on allait bien m’accueillir, si on allait me traiter comme un membre de la famille ou si j’allais être traité juste comme un collègue de travail. Je n’y pensais pas. Je n’ai pas essayé d’analyser ce qui se passait, la manière dont j’étais ou non traité. Je me disais juste : « Ok, tu es ici pour faire de la musique et c’est ce que tu vas faire et voilà ». C’est tout sur quoi je me suis concentré,  faire de mon mieux.

Mais assurément il y avait également des défis à relever, comme apprendre les nouvelles chansons et de remplacer plusieurs personnes à la fois. C’était une autre de ces choses étranges. L’expérience nouvelle de faire partie d’un groupe dont les fans avaient cette attitude : « Tu n’es pas mon père ? tu n’es pas mon vrai père ? » (rires) ? le vieux truc du « tu n’es pas Slash, tu n’es pas Buckethead, tu n’es pas Gilby ? tu n’es pas ? ». C’est comme enfiler les chaussures de quelqu’un d’autre, c’était comme enfiler toutes les chaussures d’un placard à chaussures (rires). Ça m’a également surpris, parce que en règle générale quand tu es sur scène, et que les gens viennent t’y voir, c’est parce qu’ils veulent te voir toi. M’habituer à l’idée que je n’étais pas la personne que le public voulait voir a créé une situation dynamique où dans un même temps je ressentais cette déception mais je sentais aussi des fans qui étaient vraiment reconnaissants de revoir le groupe sur la route et de l’entendre à nouveau et qui étaient prêt à mieux me connaître ? J’ai traversé des hauts et des bas à mes premiers concerts avec le groupe.


Maintenant que tu fais partie de ce grand groupe qu’est Guns N' Roses, dois-tu agir avec prudence ?

Avec prudence ?

 

Oui, tout le monde essaie d’obtenir des informations sur ce qui se passe dans le monde de Guns N' Roses.

(Rires). C’est quelque chose que j’ai appris à la dure dès mes débuts. Je n’avais jamais eu ce genre d’expérience, où il fallait que je sois réservé. Pour moi, le truc naturel à faire quand tu fais partie d’un groupe c’est de dire à tes fans ce qui se passe et de les inclure à ce qui se passe. C’est une chose que j’ai toujours fait. Je les informais sur mon forum, sur mon site, je répondais aux questions, je faisais des vidéos, je faisais venir des gens au studio et je leur faisais écouter sur quoi je travaillais et je les encourageais même à participer. Je suis parti en tournée, je crois en 2002. Je faisais une tournée en France et il y avait tous ces français des forums qui choisissaient les chansons que j’allais jouer. Je leur avais demandé de choisir 25 chansons sur 75 titres, celles qu’ils voulaient entendre et les plus populaires ont été celles que nous avons choisi pour notre setlist. Faire ce genre de chose c’est ce qui était naturel pour moi.

Je me souviens que lorsque j’ai commencé à parler avec Guns N’Roses en 2004, je n’avais jamais fait l’expérience de ces gens qui sont là pour soutirer des informations et pour faire de gros titres et utiliser ces informations de manière à ce qu’elles ruinent ce que vous êtes en train d’essayer d’accomplir. J’étais totalement naïf, donc quand j’ai commencé à parler avec le groupe, des rumeurs ont commencé à circuler à New York et c’était entièrement de ma faute. Quand j’enseignais à la fac, j’ai dit au directeur du département musical « Je ne pourrais peut-être pas travailler le prochain semestre parce qu’il se peut que j’enregistre pour Guns N’Roses » et il a communiqué l’info aux étudiants (rires). Je me souviens être parti une semaine en Russie pour quelques concert et quand je suis revenu j’avais tout un tas de mails et messages sur mon téléphone disant « oh, j’ai entendu dire que tu tournais avec Guns N’Roses », ce genre de truc.

A cette époque, je ne faisais que parler avec eux. C’était encore de l’ordre du « peut-être », alors j’ai voulu clarifier la situation. J’ai écrit sur mon site Internet : « Juste pour clarifier les choses, je ne suis pas un membre de Guns N’Roses. J’ai parlé avec eux, nous avons parlé de mon intégration mais pour l'instant nous en sommes au stade de la discussion. Rien n’est encore concrétisé » je sentais que je minimisais l'importance de nos échanges parce que ça faisait déjà deux mois que j'étais en relation avec le management et le groupe, nous avions déjà échangé trente pages de mails. Une fois que j'avais communiqué, ils s'en sont servis contre moi (rires). J'essayais de dire que je ne faisais pas partie du groupe et j'apprends que ma petite bafouille s'est retrouvée sur les sites musicaux avec pour titre : « Nouveau Guitariste pour Guns N'Roses ». « Selon le guitariste new-yorkais : « Oui nous sommes en pourparler » ». Et ils ont juste oublié de citer la partie dans laquelle je disais « Je ne fais pas partie de Guns N'Roses » en grosses lettres. Bref ça a eu l'effet inverse que celui qui était escompté et ça m'a causé pas mal de problèmes.

J'ai eu une grosse altercation avec le management qui me disait : « Qui a dit que tu allais jouer dans Guns N'Roses ? ? Blablabla ? nous voulons que tu te rétractes .. » alors je l'ai fait. A ce moment là, je n'aimais pas du tout l'ambiance parce que j'ai toujours été très anti-musique business. J'ai toujours été anti-conneries. Je ne m'intéressais qu'à la musique et je le faisais sans jouer le jeu, et traverser tout ce truc et avoir à m'occuper de ce truc? Je préfère rester humain, je joue, tu écoutes et nous passons du bon temps ensemble et on se fout des conneries et du business.

C'est à ce moment-là que je leur ai dit : « Je ne crois pas que je sois la bonne personne pour ce poste ». « Je vous aiderai, je serai ravi de vous aider. Je ferai passer des auditions discrètement et je vous aiderai à trouver le meilleur guitariste possible mais je pense que ce poste n'est pas pour moi. ». Le management a alors sorti un communiqué de presse qui insinuait que j'avais menti dans le but de me faire de la publicité et qu'ils n'avaient rien à voir avec moi. S'en ai suivi une petite guéguerre entre moi et le management et c'est pourquoi nous n'avons pas reparlé pendant un an et demi (rires). Ils m'ont ensuite recontacté et m’ont dit : « Veux-tu qu'on trouve une solution ? ». J'étais toujours furieux parce que le management était vraiment allé très loin,  je préfère ne pas rentrer dans les détails ? ils ont essayé de me faire dire que j'avais menti pour me faire de la pub et j’ai refusé. Je dois quand même préciser que ce management ne fait plus partie du paysage depuis longtemps (rires). J’étais vraiment furieux mais nous avons réussi à résoudre les problèmes et à nous entendre.

 

Juste pour que les choses soient bien claires, tu t'entends bien avec le management actuel de Guns N' Roses ? Est-ce que tes relations avec eux sont plus cordiales qu'avec celles que tu entretenais avec le management précédent ?

Une fois que j'ai fait vraiment partie du groupe nous nous sommes très bien entendus. C'est avant mon intégration, ils ont vraiment mal compris ce que j'avais fait, ils ont pensé au pire. J'essayais de stopper la rumeur mais ça l'a juste amplifiée. Je ne savais pas qu'il fallait que je sois si réservé quant aux questions touchant un groupe comme Guns N' Roses. Une fois que nous avons pu en rediscuter un an et demi plus tard, tout s'est aplani, je m'entendais bien avec tout le monde .Il faut vraiment que tu sois un vrai con pour que je ne t'aime pas (rires). Je suis une personne très facile à vivre.

 

Quand tu joues les morceaux des anciens albums de Guns N' Roses en concert, comment y apposes-tu ta propre marque ?

Quand j'ai rejoint le groupe, j'avais aussi le sentiment qu'il fallait que rajoute quelque chose. J'avais l'impression qu'on m'avait engagé pour jouer tous les machins délirants et j'en ai peut-être trop fait la plupart du temps au lieu d'être simplement moi-même. Ce que je fais maintenant ? Honnêtement, j'essaie seulement de les jouer comme ils ont été écrits et aucun guitariste ne la jouera de la même façon. On peut prendre Eddie Van Halen et Ace Frehley et on leur fait jouer le même riff, on pourra toujours les différencier. Tout ça vient des mains. Je joue les chansons de la manière la plus authentique et j'essaie de respecter la manière dont les chansons ont été écrites et la manière dont les gens ont été amenés à aimer ces chansons. C’est tout. Je pense que si ça vient de tes mains, tes sentiments ressortiront forcément. Quelques fois j'utilise la guitare sans frettes. Pour jouer les parties slide, ce que je fais, c’est que je les joue sur le manche sans frettes. Mais en ce qui concerne des transformations sur la chanson pour les faire miennes, je préfère respecter la musique de GN'R. Sur les chansons de Chinese Democracy je joue les parties que j’ai composé et enregistré et comme tous les autres musiciens, j’essaie de respecter la manière dont elles ont été écrites et enregistrées.

 « Au début, c'était comme si je les avais rejoint le train en marche et qu’il n'y avait pas de place pour moi ». Est-ce que tu penses que c’est ce que les fans pensent qu’ils sont en train de payer ? Pour écouter ces classiques de GNR comme ils ont été joués à l'origine ?

Hum... Oui et non. Je suis sûr qu’ils n'aimeraient pas entendre de nouvelles paroles. Ils ne veulent pas que les chansons soient réécrites mais je pense que les extensions de certaines parties et les jams, comme nous le faisons, ne les gênent pas vraiment. A la fin de Nightrain par exemple nous continuons le solo et jammons. Tout le monde est différent. Je pense, que dans l'ensemble, ils veulent seulement vivre l'expérience d'un concert. L'échange d'intensité qui s'y déroule. Je pense que c'est ce qu’on l’on vient chercher en concert, s’en aller et sentir que tu as fait l’expérience d’un truc énorme et qui t'as touché. Quelque chose que tu n'oublieras pas, que les sensations restent, ce que tu as vu et entendu ? voilà ? Et j'espère que c’est ce nous réussissons à faire pour eux. Avec un peu de chance les gens s’en vont contents et heureux de s'être amusés. Je sais que c’est le cas pour nous (rires) et je pense que le public le ressent. Ils sentent qu’on s'amuse vraiment, et un bon moment en amène toujours un nouveau.

 

En parlant de jammer et de jouer en live, le concert de Tokyo de décembre 2009 c’était comment ? Le concert de GNR le plus long jusqu’à ce jour ?

Ce concert au Japon où nous avons joué et joué et joué encore ? J’aimerais pouvoir faire ça tous les soirs. C’était super. Ça a commencé à Osaka où nous avions fini par jouer trois heures et dix-sept minutes. Nous avons une liste de chansons qui ressemble à une set list mais nous piochons dedans. Il y a un petit micro sur scène que nous seuls pouvons entendre et quelqu’un, Tommy ou Axl, demande « Hey quelle chanson est-ce que vous voulez jouer ? ». Et l'un d'entre nous propose une chanson et ils diront : « Ah ouais super » et on la joue. Je me souviens avoir commencé à jouer le riff de Whole Lotta Rosie d'AC/DC parce que nous sommes tous de gros fans d'AC /DC et Axl a commencé à la chanter. Je me suis dit : « Trop cool, continuons donc à la jouer » et nous avons fini par jouer la chanson en entier. Et nous l'avons rejouée à Tokyo. C’était totalement spontané et il s’est passé la même chose quand Tommy a commencé à jouer My Generation . Nous l'avons tous rejoint et jouer la chanson. Un soir il m’a dit : « Ouais, jouons donc Sonic Reducer des Dead Boys ». Je lui ai répondu «Ouais ok ! » et nous l'avons fait péter ! (rires).

Même le solo que j’ai commencé à jouer. Je ne voulais même pas jouer de solo, je déteste jouer les solos (rires). Je préfère jouer une autre chanson c’est pourquoi j’ai commencé à faire le Don't Cry chantez-avec-moi avec le public en guise de solo parce que je préfère donner de l’importance à la chanson et à la musique plutôt que de jouer au soliste sous les spots lumineux. Je n'aime pas les spotlights. Je suis un homme à chansons. On ne le penserait pas avec tous les bidouillages que je fais mais je suis là pour la musique. A la dernière minute ? environ trois jours avant le début de la tournée (rires) je me suis dit « Bon, il faut que je pense au solo » et puis je me suis dit « Tu sais quoi ? Pourquoi ne pas jouer le thème de la Panthère Rose ? Personne ne l’a encore fait, pas vrai ? ». J’ai fait les arrangements et nous avons travaillé dessus et nous le jouons, donc beaucoup de choses se font de manière très spontanée.

(à suivre...)

 

Quand tu as officiellement rejoint Guns N’ Roses, où en étaient-ils de la création de Chinese Democracy ?

Je dirais que Chinese Democracy était vraiment bien avancé. Tout était déjà écrit et une bonne partie était déjà enregistrée. Chinese Democracy (la chanson - note du traducteur) n'était pas totalement terminée, il y avait des pistes de guitares à ajouter et des idées batteries que Frank a ajoutées également. En ce qui concerne l'enregistrement, c’est difficile à dire, mais entre 80 à 85 % était fait. Quelque chose dans ces eaux-là. 85% pour ce que j’ai entendu.

Dans quelles parties de Chinese Democracy pouvons-nous entendre ton jeu de guitare et comment décrirais-tu ces parties ?
Je pense qu'avant mon arrivée, Chinese Democracy semblait strict et sonnait plus industriel. J’avais le sentiment que l'album avait besoin d’un peu de corruption et d’un côté rock n'roll négligé (rires). J’ai rajouté des riffs aux pistes rythmiques, si on écoute un peu plus du côté de l'écouteur droit, on peut entendre le genre de ton chaud du Marshall sur les pistes rythmiques, j’ai rajouté des riffs là-dedans et d'autres trucs. Des choses comme ça, des trucs sans frettes. Je pourrais passer en revue l’album chanson par chanson et vous dire ce que j’ai fait.

Voyons,  Chinese Democracy, les pistes rythmiques et tous les trucs sans frettes dans les couplets. Shackler's Revenge ; les riffs sur les couplets, des rythmiques et toutes sortes de bends et de mélodies tapping à la fin et à la fin du dernier couplet et les solos guitares. Better ; pistes rythmiques et un peu de slide dans un endroit un peu vide et de la sans frette. Dans le deuxième couplet, j’ai ajouté des riffs un peu bluesy sous les voix. Street of Dreams ; la rythmique et des riffs ; If the World ; des petits riffs solos pendant les couplets et le refrain et des pistes rythmiques et des petits trucs solos qui se déroulent sous les refrains ; There was a time, les rythmiques dans les refrains avec un lift un peu riffé à la fin de chacun d'eux, la rythmique tout le long ; Catcher in the Rye ; j’ai amené des petites parties pour les guitares et les mélodies dans les couplets, les pistes rythmiques, le solo, les solos de fin qui accompagnent le chant d'Axl ; Scraped ; les pistes rythmiques, le solo sur la guitare sans frette ;Riad N' the Bedouins ; le solo principal au milieu de la chanson et la rythmique tout du long. Sorry ; les pistes rythmiques et la fin de tous les refrains où il y a un solo, ce sont mes solos là-dedans. I.R.S. ; juste la rythmique et des trucs sleaze, et des riffs tout au long de la chanson ; Madagascar ; la rythmique sur les refrains et des trucs riffés sur la rythmique de temps en temps ; This I Love ; juste de la rythmique en fond ; Prostitute ; juste la rythmique tout du long ; Voilà, je crois que c’est tout. Je crois (rires).

Chinese Democracy est disponible à la vente depuis novembre 2008, Donc maintenant tu as au le temps de digérer totalement l’album quel est ton avis sur ce disque ?

Mon avis sur Chinese Democracy ? Bon, tout d'abord, je pense qu’il est si différent de la musique que faisait le groupe à leur début. Pour moi, c’est comme comparer le White Album (1968) avec Meet the Beatles (1964). Je pense tout en terme Beatles parce que je suis un gros fanatique des Beatles. Pour moi Appetite for Destruction est sorti et c’était comme A Hard Day's Night (1964) ? ça a mis tout le monde sur le cul. Shea Stadium en 1965, personne ne pouvait entendre le groupe, on n'entendait que le public crier et pisser dans son froc. Ils sont ensuite entrés dans une partie plus musicale de chose avec les Use Your Illusions, c’est comme les Beatles avec l’album Revolver (1966) et Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band (1967), tout devenait plus musical. Ce n’était plus que de l'attitude Rock n' Roll ? ils commençaient vraiment à composer. Bon, les Beatles ont sorti des albums à la chaîne et on peut vraiment noter les changements alors que le groupe se transformait en ce super groupe des dernières années avec le White Album, Let it Be (1970), Abbey Road (1969).

Le truc avec Guns N’Roses c’est que tout est arrivé dans un cocon, une créature y est entrée et ce qui en est sorti était une entité totalement différente. Je pense que c’est à cause de ça que lorsque Chinese Democracy est sorti, les gens ont pensé : « Ce n’est pas la « chenille » que j'attendais ». C’était plutôt : « Oh c’est un papillon ». Je pense qu’il a fallu au moins un an pour que le public commence à oublier tout ce qui était attaché à cet album. Comme le problème récurrent du changement de membres, ce ne sont pas les mêmes membres du groupe qui ont composé et fini par jouer dessus, et pour le coup la musique ne sonne pas de la même manière. Guns N’Roses est une créature différente maintenant mais c’est ce qui rend le groupe spécial. Où dans l'histoire du rock pouvons-nous trouver un album qui a mis une décennie à voir le jour avec autant d'intervenants contribuant à sa sortie avec un résultat aussi réussi ; Robin, Paul, Brain, Buckethead, moi, Frank, Tommy, Richard, Dizzy, Pitman, et même Sebastian Bach. Vous ne trouverez nulle part un album qui a une telle histoire et qui a accumulé autant de pièces d’un puzzle au cours d’un si long périple.

Pour moi, Chinese Democracy n’est pas un album classique où on l'écrit, puis on l'enregistre, puis on le sort, puis ensuite vient la promotion et la tournée. C’est une créature totalement différente et je pense que gens ont eu besoin d'une minute pour s’en rendre compte et pour s’y plonger en arrêtant d'essayer de le faire entrer dans le moule d’un album classique parce que ce n’est pas un album classique. C’est tellement plus expérimental et c’est une chose totalement différente. Pour moi Chinese Democracy c’est, dans un sens, le White Album version GN'R. Je me trompe peut-être mais il me semble que l’album est mieux accepté maintenant qu'au moment de sa sortie et avec le temps les gens oublieront tout de la décennie qu’il a fallu attendre pour sa sortie et ils écouteront les chansons et la musique et les prendrons pour ce qu’elles sont. Ou on les aime ou on ne les aime pas.

J’ai trouvé pendant la tournée asiatique que le public répondait vraiment bien aux nouvelles chansons. Je ne savais pas comment les gens allaient réagir parce qu’on sait qu’ils vont hurler comme des fous pour Welcome to the Jungle, pour Paradise City , pour Sweet Child O' Mine, pour Nightrain mais maintenant ils hurlent également en entendant Street of Dreams, Better, Prostitute (rires). Quand la chanson démarre, ils savent de quelle chanson il s'agit et ils explosent et c’est bon à voir. Je suis très heureux de ce qui se passe et j’espère qu’avec le temps, quand tout ça sera de l’histoire ancienne, les gens apprécieront cette expérience unique en son genre qui a fait en sorte que cet album est ce qu’il est. Moi, ce que je pense de cet album ? Je le vois comme un long chemin qui a fini par atteindre sa destination. C’est comme conduire pendant très longtemps et finir par arriver à bon port (rires).

 

Est-ce que tu penses que Chinese Democracy a été critiqué injustement ?

Je pense que beaucoup ont jugé Chinese Democracy sans même l'écouter plusieurs fois, et je pense qu’ils se sont construits leurs opinions sur ce qu’ils pensaient de la situation actuelle de GN'R et de leurs opinions sur Axl et des choses comme ça . Je pense que ça a biaisé les avis de certains mais pas de tous. Je pense que pour chaque album qui sort, des gens vont l'adorer et d’autres vont le détester et d’autres vont être carrément indifférents et ça ne voudra rien dire. Cependant avec les attentes liées à la sortie de cet album, je pense que ça a sans aucun doute changé la manière dont les gens l’on considéré et ils l'ont écouté avec des idées toutes faites dans la tête. C’est difficile de ne pas le faire quand un album a mis si longtemps à sortir, mais parfois, ça prend du temps.

 

As-tu le sentiment que certains s'attendaient à Appetite For Destruction, le retour ?

 Je suis sûr que certains s'attendaient à ça, oui mais je le répète, ils attendaient la chenille pas le papillon ? C’est toute l’histoire du cocon. C’est comme quand les Beatles sont devenus ces hippies aux cheveux longs alors que tout le monde les attendaient encore avec des coiffures à franges. Les gens s'attendent à retrouver ce qu’ils ont laissé. Donc s'ils en étaient à A Hard Day’s Night ils s’attendaient à Beatles For Sale (1964).

As-tu déjà eu l'occasion de contribuer à l'écriture d’une chanson chez GN'R ?

Pas encore. J’ai tout un tas d'idées ; Nous en avons tous. Mais avant de penser au prochain album, je veux déjà me concentrer sur celui-ci, tourner et assurer tout genre de promotion qui pourrait surgir.

 

Une fois que tu nous as dit ça, penses-tu que les fans peuvent s'attendre à la sortie d’autres albums de GN'R ?
On ne sait jamais ce qui va arriver et le truc avec GN'R c’est que lorsque tu penses savoir dans quelle direction tu vas, une tempête arrive et on fait un virage de 180 degré, ça défie toutes les lois de la nature (rires). On ne peut rien prévoir. J’aimerais vraiment retrouver ce groupe en studio et composer de la musique et la sortir. C’est être prolifique, si tu es un musicien, tu fais de la musique, c’est ce que j'aime faire en tout cas. J’aime le studio plus que toute chose, commencer à composer ensemble dès le début ? Ne pas seulement ajouter mes parties sur des chansons qui existent déjà mais les jouer dès le début. Une fois, au studio, je parlais avec Frank et je lui ai dit : «Ok, chronomètre-moi. Voyons combien de chansons pour le prochain album je peux sortir en deux minutes. ». Résultats 6 riffs vraiment sympa et pleins d’idées. Nous pourrions vraiment le faire. Je pense que la vraie question est de savoir si c’est la bonne chose à faire. Est-ce que toutes les planètes sont bien alignées ? Tu vois ce que je veux dire ? C’est savoir si c’est la bonne chose à faire. On verra, mais j’aime l'idée. Je pense qu’on ferait un carton et je pense que nous pouvons facilement faire de la très bonne musique que les gens aimeraient. J'adorerais pouvoir le faire.

 

Il y a-t-il une direction musicale que tu aimerais bien explorer ?
Une direction que j’aimerais explorer ? Je ne sais pas, juste un rock 'n' roll lourd et méchant avec des trucs mélodiques ; Je ne sais pas. Je veux juste écrire de bons trucs (rires) peu importe ce que c’est. Si je devais comparer ça à des chansons de Chinese Democracy, je pense à des chansons comme Scraped ; Des chansons avec de bonnes lignes, de l’énergie, qui accrochent bien.

 

Ça ressemble à quoi de travailler avec Axl Rose ? Il y a ceux qui commentent sur les forums, pensant qu’ils savent tout sur tout, ils disent : « Axl fonctionne comme-ci » et toutes ces conneries. Mais, dans les faits c’est comment de travailler avec lui ?
Les gens qui ne savent rien sont ceux qui en discutent le plus (rires). Ils essaient de convaincre tout le monde qu’ils ont une idée de ce qui se passe. En fait, c’est comme de travailler avec n'importe qui ; C’est cool. C’est normal, enfin ça l’a été pour moi. C’est la normalité et le truc le plus drôle c’est que si je dis quelque chose de positif, les éternels sceptiques diront : «Oh c’est normal il est payé pour dire ça » (rires). Une chose dont je me suis rendu compte c’est qu’il n’y a aucune vérité là-dedans : c’est juste de l'amusement et les gens croient en ce qui les amusent le plus. La vérité est hors sujet, je peux dire la vérité, si elle n’est pas assez amusante, les gens diront que je suis un menteur. La vérité, aussi chiante qu’elle puisse paraître, c’est que c’est sympa de travailler avec lui. Depuis que j’ai rejoint le groupe, nous sommes partis en tournée, nous avons fini Chinese Democracy et l'album est sorti. Voilà.

 

Donc, en gros, tu penses qu’il y a beaucoup de malentendus qui courent ?
Et bien, le truc c’est que les gens croient ce qui les amuse et c’est comme ça. Je me souviens, une fois, ma femme et moi étions à une fête et un gars nous a suivis pendant une heure et demie posant des questions à l'arrière de nos têtes. Il posait des questions stupides, il demandait à ma femme si elle devait suivre le tour bus en voiture comme dans le film Rock Star , ce genre de trucs cons. Nous avions juste rigolé mais je pense qu’il était sérieux. Les gens veulent être amusés c’est comme ça. La vérité importe peu parce que ce qui attire les gens c’est ce qui les amusent.

 

Interview traduite par Rain pour GNRFrance.net.
Source : Ultimate-Guitar.com

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